Votre maison est votre plus grand corps.
Elle grandit dans le soleil et dort dans le silence de la nuit; et elle n'est pas sans rêves.
Votre maison ne rêve-t-elle pas ? et en rêve, ne quittet-elle pas la ville pour le bosquet ou la colline ?

Fasse que les vallées soient vos rues et les verts sentiers vos ruelles,
que vous puissiez vous chercher l'un l'autre à travers les vignes et ramener les senteurs de la terre dans vos vêtements.

Votre maison ne sera pas une ancre mais un mât.
Elle ne sera pas un voile étincelant qui couvre une plaie, mais une paupière qui protège l'œil.
Vous ne replierez pas vos ailes afin de pouvoir franchir les portes,
ni ne courberez vos têtes pour qu'elles ne heurtent pas les plafonds,
ni ne craindrez de respirer de peur que les murs ne se fendent et s'écroulent.

Car ce qui est infini en vous habite le château du ciel, dont la porte est la brume du matin,
et dont les fenêtres sont les chants et les silences de la nuit.

"Le Prophète", Khalil Gibran.



Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à la Vie.
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne sont pas à vous.
Vous pouvez leur donner votre amour, mais pas vos pensées.
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez héberger leurs corps, mais pas leurs âmes.
Car leurs âmes résident dans la maison de demain que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux, mais ne cherchez pas à les faire à votre image.
Car la vie ne marche pas à reculons, ni ne s'attarde avec hier.
Vous êtes les arcs desquels vos enfants sont propulsés, tels des flèches vivantes.
L'Archer vise la cible sur le chemin de l'Infini, et Il vous tend de Sa puissance afin que Ses flèches volent vite et loin.
Que la tension que vous donnez par la main de l'Archer vise la joie.
Car de même qu'Il aime la flèche qui vole, Il aime également l'arc qui est stable.

"Le Prophète", Khalil Gibran.

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